Nos impressions à froid

Voilà une semaine que nous refoulons la terre française après cette année de voyage. Pour l'instant, on est pas repartis mais pas vraiment arrivés non plus ! {#}

 

Sortir d'un rêve est souvent difficile le matin lorsque le rêve a été agréable et c'est bien ce qui est en train de nous arriver : on se réveille après une année de coupure durant laquelle nous avons quitté notre culture pour celles du Canada; on commence à comprendre et à assimiler l'ampleur de la route empruntée et constatons à quel point cette exérience a été  structurante et  riche à  de nombreux niveaux. On dit bien que le voyage forme la jeunesse....

Alors voilà, nous nous sommes arrachés de nous-même à un merveilleux rêve éveillé, un rêve que l'on s'est choisi et qui correspondait à une certaine vision du monde, de l'homme, de la nature, de l'Autre. Nous avons parcouru ces étendues avec une éthique, autant dans nos moyens de locomotion que dans notre mode de vie au ralenti, le type de rencontres que nous avons fait (notamment avec le wwoofing), les boulots où on a travaillé la terre,...

Nous avons été maîtres de notre destin et avons eu l'occasion de pouvoir vivre une année de façcon consciente et heureuse, choisir nos expériences comme on le pouvait et réagir avec nos coeurs, ceci grâce à nos choix mais bien entendu aussi grâce aux personnes dont nous avons croisé la route!

 

Nous savions que la transition serait douloureuse et effectivement l'adaptation à la France va être difficile, ô combien difficile! 

L'ambiance a changé du tout au tout : une morosité règne, traîne dans l'air et affecte les passants. Si loin est l'esprit joyeux du Québec ou encore celui extraverti de l'Ouest! C'est simple : ici les gens font la gueule, dans la rue, pendant leurs courses, se plaingnent de TOUT, et courent chacuns à leurs occupations.

L'exemple le plus frappant de la différence de mentalité et de joie de vivre est celui du supermarché.

Notre premier passage en caisse a eu lieu à une Biocoop, et nous avons donc pu discuter le bout de gras avec la caissière/femme installée là, profiter de son sourire et de son humanité. Un bon contre-exemple pour commencer, histoire de dire que le pessimisme n'est qu'une façon de VOIR les choses et non une fatalité.       

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Mais bon malheureusement il fallut (il faut encore, bien obligés!) passer à une grande enseigne avec son alignement de caisses : on a plaint le pauvre gars qui avait vraiment l'air de se faire chier dans son travail, transpirant une grisaille toute fraçaise, bien que courtois. Les caissières canadiennes, toujours souriantes, avec un petit mot, connaissant les clients et jasant, sont loin derrière, si loin....  La vision du travail est tellement différente entre nos deux pays;  un point essentiel semble oublié  en France : notre temps de travail n'est que ce que nous en faisons. Ce n'est une corvée que si nous en faisons une corvée.  Un patron qui gueule dessus n'est mauvais que parce que nous le laissons agir de même. Le travail ressemble vraiment à de l'esclavage moderne en France, avec ce chômage à 10% et ce nombre impressionnat de relations de domination où on laisse faire parce qu'on ne sait pas comment on va faire si on perd ce travail. Depuis notre retour, cela fait déjà trop de connaissances qui nous parlent de leurs conditions de travail, d'ulcères d'estomacs et de maladies dûs à des supérieurs hiérarchiques dominateurs.  

 

Il fallait que ça sorte !! ^^

Ceci est un exemple parmi tant d'autres, parmi le stress ambiant, le défaitisme, le JT (vide!!!!et sans aucune prise de position), les multiples accidents de chasse perpétrés sur enfants, VTT-istes, randonneurs venus simplement profiter de la nature française et se sont fait gravement blessé ou simplement tués (est-ce normal de risquer sa vie en allant en forêt franchement???).... Nous sommes très tristes de retrouver tout cela, vraiment tristes.

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À la base, ce voyage servait aussi è nous préparer pour nous installer dans une campagne, monter une ferme, lancer un jardin bio, prendre quelques animaux et tenter l'expérience d'auto-suffisance.

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Aujourd'hui, nous avons énormément de clefs en main pour nous lancer, mais l'envie n'est pas encore là.

samedi 12 octobre 2013 10:08 , dans France


Nos impressions à chaud?

Ça pogne les tripes! 

Et voilà les amis, il y a un an et un jour, nous étions dans l'aéroport Roissy Charles-De-Gaulle. On ne savait pas dans quoi on s'embarquait et on était un bout anxieux... Mais on savait bien au fond qu'il fallait qu'on se lance dans cette aventure.

Et aujourd'hui?

Nous voici de nouveau dans un aéroport, à Montréal. Nous attendons le retour au pays parce que comme on dit toujours "toutes les bonnes choses ont une fin". Sauf qu'aujourd'hui, on est encore un bout anxieux mais cette fois nous savons vers quoi nous allons!

Alors voilà, on a peur. Peur de perdre cette vrai liberté dans laquelle on a flotté, peur de la sédentarité, peur de ce que la société nous dicte, peur de ne pas savoir ce que nous voulons faire réellement de nos peaux, peur du temps qui s'écoule trop vite dans ses vies pourtant si vides. Vides de rencontre, de légèreté, de plaisirs simples et tellement pleines de besoins superficiels.

Nous avons choisi de vivre une autre vie, de nous lancer vers l'inconnu... Et nous nous sommes adaptés, le plus dur fût d'oser. Quel bonheur que de se lever sans savoir où on s'endormira le soir, de faire de chaque inconnu un ami, d'apprendre à vivre du peu, d'écouter son corps, de vivre avec le soleil, de s'occuper de répondre à ses besoins vitaux et les reste du temps s'émerveiller.

Et si le virus du voyageur existait vraiment, cette envie de repartir aussitôt revenu?? 

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mercredi 02 octobre 2013 02:34


Récit du Québec: suite et fin du voyage

Pour finir notre aventure canadienne, nous avons dirigé nos pas et nos pouces vers le Parc de Frontenac, un très bon choix puisqu'à cet endroit l'automne avait un peu d'avance sur le reste du pays, les températures étant bien basses, et nous a offert de magnifiques étendues de forêt chatoyante. 

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Aahh l'automne au Québec! Les arbres y jouent des coudes pour être le plus beau et toutes les espèces de feuillus s'y mettent, au grand damne des conifères qui nous sommes sûr donnerait cher pour se mêler à ce bal des couleurs. On peut facilement reconnaître les différentes espèces d'érables à cette période : les érables rouges sont les premiers à entrer dans la danse avec un très beau rouge ocre. Puis ce sont les érables à sucre qui se teintent doucement, dans un éclat de jaune, d'orange et de saumon pétillant.

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Quel beauté! Les mélèzes ne sont pas en reste puisqu'ils perdent leurs épines et jonchent le sol d'une mousse jaune, comme une invitation à parcourir les sentiers...
Arrivés avec le soleil, nous avons du prendre notre mal en patience et regarder la pluie, invitée surprise à la fête 3 jours durant. Nous avons limité nos déplacements aux alentours du campement et en avons profiter pour continuer à nous reposer et constater qu'un an d'itinérance, sans nous accorder de vrai repos, avait affecté nos organismes; bien plus que nous ne voulions l'admettre. Une randonnée d'une dizaine de kilomètres est devenue une vraie souffrance; nous clopinons, nos jambes flageolent et l'envie n'y est plus.
Heureusement pour nous , nous avons trouvé de quoi nous émerveiller aux alentours du campement.Blog de chaussetessouliers : Chemin faisant, Récit du Québec: suite et fin du voyage

Les cerfs de Virginie de l'année ne sont pas des plus farouches et ne respectent même pas le réglement.Blog de chaussetessouliers : Chemin faisant, Récit du Québec: suite et fin du voyage

Dommage, nous n'avons eu le bonheur d'assister aux combats de panaches des mâles cerfs (c'est d'ailleurs la saison du brâme en France, un spectacle magique de l'aube et du crépuscule...avis aux promeneurs).

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Nous avons aussi croiser un joli porc épic, en pleine ascension d'un arbre.

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Un coup de chance puisque l'arbre était en bord de chemin et haut de 3 mètres; ça a grandement facilité cette observation qui nous manquait et nous faisait tant envie. On a d'abord cru à un bébé ours noir en train de se faire un festin, avec ce moment d'appréhension qui suit "où est la mère???"; mais non un porc épic dans un arbre c'est juste mignon avec ses longues griffes, ses dents de lapin et son poil hérissé. Et avec les couleurs d'automne....

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Et du coup, comme cela se voit bien sur la photo, le soleil nous a permis de prendre un peu de hauteur avec la randonnée du "massif de Wilson" et de profiter d'un panorama de couleurs sur la vallée de Frontenac.

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Rencontre avec Diane, une employée de la SEPAQ qui nous fit visiter le Parc, les tentes hutopia (genre de tente en toile avec cuisine, petit chauffage, où une personne peut se tenir debout...la roll's royce des tentes quoi!), les chalets du Parc, nous emmena dans sa toto mobile pour nous épargner de la marche.

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Une bien belle façon de finir notre courte rencontre avec le Québec et le Canada, avant de passer par Sherbrooke et un jardin collectif le temps d'une nuit et le retour sur Montréal.

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mercredi 02 octobre 2013 01:54 , dans Un renouveau : départ !


Récit du Québec, du 23 août à mi-septembre : Des fraises à la déception

Sentier International des Appalaches avalé, nous sommes affamés de nature, tellement habitués depuis le début de voyage à des rencontres magnifiques. C'est avec beaucoup d'appréhension que nous retournons à la route qui fait le tour de la Gaspésie par la côte, touristique... Se suivent toute une foule de petits villages de bord de mer qui relient Mont St Pierre à la ville de Percé, puis en partant plein sud vers le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve...
Nous faisons le trajet jusqu'à Percé en deux jours et deux lifts, après avoir failli embarqué dans un bus de transport collectif. Les voitures à s'arrêter sont rares ici et ce seront deux touristes français, puis un couple d'Acadiens en repos dans la région qui nous aideront.
Nous sommes entre deux saisons, entre les visiteurs estivaux et ceux qui viennent pour les magnifiques reflets de l'automne québecquois.

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L'attente nous permettra de marcher le long de la mer, laissant l 'iode marine nous inonder les sens; nous en profitons pour observer les oiseaux qui voltigent entre ciel et plage de gallets, pêchant chacun à leur façon : les mouettes ramassent leurs coquillages, d'autres leurs algues;

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des eiders à duvet se contentent de flotter; nous recroisons des fous de bassan qui volent en groupe et foncent dans les bancs de poissons.

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Le soleil, l'estuaires du Saint Laurent, un couple de faucons crécerelle et les framboisiers qui jonchent la route sont d'autres bons compagnons de marche.

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Percé. Son rocher, ses fous de Bassan en colonie sur l'île de Bonaventure, ceux qui pêchent près du rivage...mais aussi sa rue principale jonchée de magasins et de touristes. Après une première visite avec les lieux et la colonie, nous finissons par rejoindre l'arrière de la ville, calme et herbeuse, et plantons la tente près d'un champ de framboisiers pour changer.

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25 août : Douche au camping de la SEPAQ puis journée complète sur l'île de Bonaventure avec la deuxième plus grosse colonie de fous de Bassan du monde.

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Falaises et plateaux de l'île sont jonchées de ces oiseaux; quelques mouette tridactyles se partagent les étages au plus près de l'eau. Pour le reste c'est un cacophonie de cris de défense du territoire : les fous effectuent la "révérence", une danse pour indiquer les limites du territoire de chacun, sensiblement égal à la portée de son bec. Le fou dodeline la tête de droite à gauche, puis se balance d'avant en arrière en écartant ses ailes, le tout au son inharmonieux du raclement de sa gorge. En général, la révérence de l'un entraîne celle de ses plus proches voisins, ce qui rend la colonie bruyante. Et attention à ne pas empiéter sur la parcelle d'un autre ou gare au coup de bec!

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Ces oiseaux sont marins à l'année, sauf durant la période de reprodution longue de 3 mois qu'ils passent sur l'île de Bonaventure. Sur terre, leur démarche est pataude, déhanchée et incertaine; l'atterrisage est lui aussi déroutant : aux antipodes de la grâce, ils tombent au sol, les 2 pattes en avant, dans un concert de révérence et de cris désaprobateurs.

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Les juvéniles que nous voyons sont encore sertis d'une bonne couche d'un duvet blanc, mais leur pelage tire sur un noir tacheté de blanc, annonciateur du décollage prochain.

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Il leurs faudra 5 ans avant d'arborer ce blanc impeccable et le bout des ailes noir et effilées.

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.Père et petit.

Pendant trois semaines les parents se relayent à couver les oeufs et à se nourrir; là encore, une danse leur sert de langage pour signifirer leur départ en pêche, le bec en l'air, sautillant d'une patte sur l'autre.

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Régurgitation forcée...rude la vie de parent !

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Chaque individu est fidèle à son territoire qu'il revisite chaque année; mâles et femelles se retrouvent donc par couple par territoire, marqué de phéromones.

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Autour de nous, ça vole, atterrit, régurgite, se poupouille, lisse les plumes, se bat, danse, crie,...Nous n'arrivons pas à quitter la colonie de l'après-midi, fascinés du spectacle autant amusant qu'intrigant, propice à la rêverie et à l'imagination.

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Une chose, peut-être : l'odeur du guano macéré qui déboucherait les bronches d'un asthmatique en pleine crise.
À peine les fous de Bassan quittés, après je-ne-sais combien d'au revoir touchants d'Alice, elle aussi très touchée, un busard St Martin nous montre comment il chasse les insectes de fin d'après-midi au-dessus des champs en fleurs.

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Nous rentrons à Percé par le dernier traversier, alors que des fous plongent de 10 mètres de hauteur dans l'eau sur les bancs de poisson, à des vitesses avoisinant parfois les 100 km/h.
Nous reprenons la marche vers la côte sud de la Gaspésie jusqu'au crépuscule; les voitures ne ralentissent pas. Nous toquons aux portes pour demander un carré de pelouse mais les maisons allumées semblent inoccupées. En désespoir de cause, nous posons la tente en bordure d'Océan Atlantique.
26 août : Levés avant l'aube, nous continuons notre marche le long de la côte. Les monts jouxtant la mer dévoilent une terre rouge ocre, magnifiée par l'aube ensoleillée. À 10 heures nous joignons Cap d'Espoir, et avons déjà parcouru 15 kilomètres de marche en auto-stop. Des fous de bassan en pleine scéance de pêche sont le prétexte d'une pause ral-le-bol, un banc à bascule vide nous enjoignant de profiter de lui . Carte dépliée, nous regardons la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick, le Parc de Frontenac... Les distances paraissent si grandes. Avec plus de 2 semaines avant une dernière expérience de wwoofing "Au Temps Perdu", entre Québec et Montréal, nous disposons de suffisamment de temps pour profiter d'un lieu, mais tributaires du bon vouloir des automobilistes, qu'est-il possible de faire?

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Alice se dit exténuée et c'est vrai qu'il est fatigant de se sentir seul en bord de route avec des voitures vides qui passent et des chauffeurs qui nous ignorent. Un couple de kilomètres de gagner serait déjà énorme, tant pour les jambes que le moral. Nous joignons Sainte-Thérèse,7 kilomètres après Cap d'Espoir. Une voiture s'arrête d'elle-même, Joanne nous propose de nous pousser jusqu'à Chandler où passe la ligne de bus express; au moins aurons-nous le choix de le prendre. La chauffeur s'appelle Joanne et ne tarde pas à nous proposer un bout de sa pelouse, puis une douche, une lessive, un havre de repos. Elle, part demain pour Gatineau, en Ottawa, et a de la place dans la voiture si nous souhaitons l'accompagner. Nous passons une bonne soirée en sa compagnie et celle de son fiston Marc Noël.
27 août : Lever à 5 heures du matin et départ pour Cascapédia où nous attrapons le bus local qui nous amène au garage où la voiture de Joanne passait un entretien . Dans le bus, l'ambiance est conviviale; hommes et femmes rien ensemble, font des farces aux nouveaux venus. Difficile de croire qu'il est 6 heures du matin et que tout ce petit monde se rend au travail dans la bonne humeur. 13 heures, nous partons, direction Québec finalement : la route nous a fait rencontrer Joanne, une femme formidable et attachante et c'est avec beaucoup de plaisir que nous restons à ses côtés, direction le Parc de Frontenac et celui de Cap Tourmente où se rassemblent les oies des neige en pleine migration.

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Nous croisons un nid de balbuzards occupé! Le père revient avec du poisson, tandis que le jeune s'époumone en cris. Quel bel oiseau!

Blog de chaussetessouliers : Chemin faisant, Récit du Québec, du 23 août à mi-septembre : Des fraises à la déception Voyez son masque de zoro, sa crête fantaisiste à l'arrière du crâne ou encore ses serres longues et courbées si bien adaptées à la pêche...

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La route se dessine entre de grandes forêts de conifères, avec des soupçons de couleur dûs aux feuillus en début de métamorphose automnale. Nous atteignons Québec pour 20 heures et retrouvons les rues bondées de gens en short qui se dépêchent (pourquoi?), la chaleur accablante, les mêmes musiciens de rue, aux mêmes emplacements... Le début de notre tour du Québec est devant nous; et dire que nous étions en bord de mer ce même matin!
28 août : Nous passons la journée à continuer de nos reposer à l'Auberge Internationale et trouvons un travail de cueilleurs de fraises pour le lendemain. Après le désherbage sur l'île de Vancouver, voici venu le temps de la dégustation.
29 août au 11 septembre : Deux semaines à ramasser des fraises près de Pont Rouge. Nous dormons sur place, dans notre tente tout d'abord qu'on nous permet de poser près de la ferme, puis dans une caravane que l'on met à notre disposition, nos amis Fauchet ne supportant pas l'idée de nous savoir enfermés dans un si petit espace.

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La caravane est immense, possède un four, une table où nous assoir et nous relaxer, un évier. Fou comme le luxe est relatif! Les journées sont longues, de 7 heures à 17 heures mais se passent dans la bonne humeur. Un gang d'une dizaine de mexicains venus passer l'été dans les fraisières FAUCHET mettent de la joie et des chants dans les rangs de fraises. Des rires fusent, on cherche à communiquer avec nos moyens respectifs, leurs québecquois inexistant et notre espagnol ridicule. Le temps passe tout seul, l'argent rentre dans nos poches, les fraises inondent nos estomacs.

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C'est fou avec quelle facilité on peut trouver de l'ouvrage ici à condition de vouloir travailler et de ne pas être trop regardant. Le Canada a tellement besoin de travailleurs, les paies peuvent être bonnes. Ramasser des fraises est un travail difficile : à genoux dans la terre, ou courber en deux le dos en avant, il touche les corps rapidement. Par contre, il y a gros à gagner en peu de temps : Vincent se fera près de 1000 dollars en 7 jours, à courir partour il est vrai mais quand même!!

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Le 11 septembre nous quittons les fraisières et nos amis après 2 jours de repos forcé dans la caravane, entre la pluie qui tombe à verses et nos corps bien courbaturés de labeur. Le soleil nous accompagne pour ce départ.

Blog de chaussetessouliers : Chemin faisant, Récit du Québec, du 23 août à mi-septembre : Des fraises à la déception Un tour en Scooby Mobile en compagnie d'un militaire allumé nous amène à Sainte-Anne-de-Perrache, puis le gérant du Subway -où nous laissons la pluie reprendre ses droits- nous fait dépasser Trois Rivières. Puis Francis qui nous amène chez lui, rencontrer sa femme Stéphanie si gentille, leurs bébé Emy Alice et leurs boxer Ali.


13 septembre : Stéphanie et Emy nouss emmènent à Notre-Dame-de-Ham, prolongeant notre rencontre de quelques minutes encore...
"Au Temps Perdu". Nous rencontrons Annette, Réjan, Ella leur fille de 12 ans, la maison, les 2 chiens Cassis et Snif, le jardin étalé, chevaux, chèvres, vaches, compolettes... Nous y sommes, enfin; ces gens ont tellement de choses à nous apprendre si l'on en croit leur site de wwoofing.
Des meules de tommes au lait de vache sèchent dans le salon et plus bas à la cave; dans le solarium, des oignons alignés sèchent, tête en bas... On nous installe dans une roulotte tout en bois qui leurs a servi à relier Halifax à cheval sur 100 jours, 15 ans en arrière. Le froid mord, la pluie s'infiltre par endroit mais c'est confortable, simple, contenant.

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Dans la maison, l'ambiance se veut détendue et conviviale. Réjan rit beaucoup, parle de même, sans forcèment finir ses phrases. Annette est plus posée, cérébrale, même si elle court partout à préparer la commande d'une ancienne wwoofeuse venue accoucher au Bois Cordé, la maison en cordwood qui se tient au fond du jardin.
Ramassage de tomates dans la serre, les plups rouges et mûres. Des grappes montent au plafond, soutenues par des fils. Des rondes, des en forme de poire, de poivron; des noires; du piment. Derrière, 2 cochons traînent dans la boue. La présentation est sommaire.
Alice coupe des oignons et des tomates avec Annette, Réjan fait cuire de la sauce que je met en boîte, puis scelle dans l'eau bouillante après 20 minutes de trempage.
En soirée, Annette part à la bibliothèque et nous propose de nous préparer à dîner si nous ne souhaitons pas attendre son retour; Vincent accompagne Réjan à l'étable à l'heure de la traite faire connaissance avec les producteurs de lait : les vaches sont belles même si la race les rend maigres; une trace noire entoure leurs yeux à la manière du khol. L'odeur est propice au souvenir d'enfance, d'étés passés à la ferme avec Marc, le frère de Vincent.
Au retour, Vincent tombe de sommeil et s'assied dans le canapé fermer les yeux près d'Alice, quand Réjan l'envoit se coucher dans la roulotte, d'un ton bien sec. Vincent laisse pisser, peut-être tient-il à son espace privé? Mais c'est un peu abusé de la part de quelqu'un qui prône le dialogue et la communication à tout bout de champ, surtout sans aucune explication. Le soir est tombé depuis longtemps, la pluie tombe, et nous avec.
La ferme ne nous a pas été présentée.

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14 septembre : Au réveil, un petit déjeuner au pain au levain et sègle, du beurre, coulis de cassis et faisselle maisons ! Ça commence bien.
Dehors, la pluie tombe dur, nous passerons la journée dedans. Épluchage des oignons après leur tri car beaucoup ont des vers. Pendant que Réjan est à l'étable, Annette nous parle de la veille au soir et du malentendu. Tiens, cela ne vient pas du concerné, et il ne s'agit pas d'un malentendu mais d'un n'importe quoi : les visiteurs sont-ils censés découvrir les fonctionnements de la maison en fautant, dans l'aggressivité et le non-dialogue? De plus, il nous avait été proposé de nous préparer à manger si nous le souhaitions, et bien reproché de ne pas avoir fait le dîner pour l'ensemble. Vincent a laissé Réjan l'écraser mais aucun de nous deux est dupe. Une fois Vincent parti dans la roulotte, Réjan s'est plaint envers Alice de ne pas trouver le repas prêt. On nous avait demandé de prendre nos marques pour ce premier jour...
Alice est en colère et ne peut sourire. Vincent s'intéresse, ne force pas les choses et ose demander comment se passe le wwoofing ici : "pas d'horaire, ici c'est 24/24h, même si on ne veut personne chez nous de 20h30 à 7h30".
De retour de l'étable, Réjan chante, seul, ce qui lui passe par la tête; on a tous deux du mal à adhérer à ces chants et rires spontanés, sans cause ni motif.
Soir, Ella est avec une amie, cherche doucement Vincent en l'appellant "chose". Seule dans son Ego de fillette, elle court partout, bouche ouverte et langue pendue, dans une agitation permanente de son corps et son esprit. Lassée de chercher sa beauté dans les glaces, c'est avec nous qu'elle vient se voir belle et intéressante. Les 2 parents sont aux anges, Vincent ignore poliment, Alice monte en pression. Au moment de la vaisselle, Ella prend la poudre d'escampette et nous laisse tout faire pour le deuxième jour de suite. Impression d'être pris pour des bonniches par nos hôtes. Alice devient vindicative et hausse le ton sur cette gamine de 12 ans qui se prend pour une princesse.
15 septembre : Tribunal de la parole autour de la table du salon après le petit déjeuner.
On nous explique ce qui ne va pas et ce qui est attendu de nous. Réjan attend des sourires, de la joie, du partage, du dialogue...La liste est longue et apparemment on ne rentre pas dans les cases. Il nous est reproché, oui bien reproché, d'être trop calmes. Bel accueil non?
Vincent demande si il coviendrait de nous excuser d'être ainsi calmes, plutôt réflêchis, d'avoir besoin de temps avant de nous sentir à l'aise avec des inconnus? Il semblerait que nos hôtes confondent la personnalité et le plaisir à être là.
Annette n'a elle aucun fun à travailler avec nous, ne nous sent pas et du coup ne se sent pas. NOUS sommes responsables, et c'est bien bizarre car on ne nous a rien fait ressentir de tel depuis notre arrivée. Alice dit avoir un problème plus personnelle, d'avoir du mal en ce moment, incapable de s'exprimer et de dire qu'elle se sent jugée.
Il est vrai que depuis notre arrivée, Alice n'est pas à l'aise et ne communique pas beaucoup.
Il est décidé que la suite du wwoofing se fera par tranches de 24 heures. Il nous est dit qu'il faut plaire, LEURS plaire.
Annette attend de nous de l'aide, des prises d'initiative, mais se dit déçue de nous : nous avons si peu de connaissance, pas assez de volonté et de pep's à mettre à son service. La main d'oeuvre est mauvaise, notre projet de ferme et d'autonomie lui semble une chimère, un projet dont nous sommes incapables. Venus aider, nous sommes maintenant jugés; incapables, fatigués, débiles dont il n'y a rien à tirer.
Ni Annette, ni Réjan ne se souviendront de nos prénoms après 3 jours et citons Réan et ses capacités de communication exceptionnelles : " Vous n'avez rien fait pour!"
Quelle belle façon de recevoir des invités! Avec ques à-priori reçoivent-ils des wwoofeurs après toutes ces années de pratique!
La journée se passa tout de même à peu près bien, nous rafraîchirons les framboisiers en nous sentant coupables et redevables. Nous ne saurons si tel était leur but mais nous marchons désormais sur des oeufs, nous demandant si nous faisons correctement les choses... Quelle tristesse en y repensant! Vous devez vous demander comment nous avons fait pour rester à cet endroit, on se le demande nous-même; l'incrédulité et l'envie d'apprendre nous faisaient tenir la barre et accepter à peu près tout.
L'étable reste du domaine privé, royaume réservé à Réjan. Nos compétences à traire datant d'Haida Gwaii sont vite oubliées, un "videz-vous bien les chèvres?" clot la discussion bien vite. Oui, mieux ne vaut pas prendre de risque...
Un tarte aux pommes? Alice ne doit pas savoir faire de pâtes, la pate jugée trop fine et les pommes mal positionnées sur la tarte. Rien ne va!
Ce n'est pas faute d'essayer mais nous ne sommes pas validés.
16 septembre : La veille, les 2 quiches polonaises étaient dévorées dans la bonne humeur. Aujourd'hui Vincent est censé aider Réjan à préparer le cochon...
Durant notre petit déjeuner, Annette s'affaire à la fabrication de fromage de chèvre. Aux questions posées, des réponses presque gênées; nous nous sentons tous deux de trop à ses côtés. Le malaise est palpable.
On nous met aux oignons, ce que nous faisons dans le silence. Comment parler quand on ne reçoit que du négatif? Les oignons ne sont bien sûr pas bien coupés, ni mis à sécher correctement. Les couteaux ne coupent pas bien et Réjan refuse une fois de plus de montrer à Vincent, prétextant son inaptitude. "Quand on est paysan, il faut savoir tout faire", okay mais pourquoi ne pas s'aider tout de même? Sa fille s'essaye à l'aiguisage des couteaux et Réjan lui montre alors sommairement sa technique. Ça sent le foutage de gueule tout ça. Vincent propose d'aller voir sur youtube si on peut trouver une technique, ce qui est salué d'un "enfin une bonne initiative", de dialogue de "computer à computer". Les vannes fusent et le désapointement fait place à de la méchanceté. " Des fois il faut savoir reprendre son sac à dos!" Réjan parle à Vincent à la troisiàme personne : "lui", après trois jours. Ben dis si tu ne sais même pas comment on s'appelle c'est grave! "À qui tu parles?" et un grand silence en retour. La communication est devenue impersonnelle, l'identité ignorée, simplement.
Annette souffle dans son coin son exaspération, ils sont tous les deux incapables de dire les choses et cette vérité simple, que nous devrions partir.
Qu'avons-nous fait pour mériter tant de colère? On se le demande encore.... Alice prend les devants et annonce notre départ, juste avant que l'énervement gagne notre côté. Vincent incrédule est à la limite de commencer à s'énerver . Réjan se radoucit dans la seconde, se montre doux et conciliant. Leurs messe basses vont pouvoir finir, et cette bulle de silence péter enfin.
Pas de merci ni même d'au revoir. Cette expérience "inestimable" selon Annette aura été minable, inhospitalière, franchement aux antipodes de la rencontre. On nous aura demandé de nous comporter d'une certaine façon, puis reprocher notre écart semble-t-il. Pour la première fois du voyage, des canadiens nous auront jugé en tant qu'humains, juger oui!
Alice s'ouvre à Vincent, libérée, s'excuse de ce silence et de cette colère tenue sous clefs, débordant sur lui par-delà les verrous. Nous sortons de 3 jours de non-dits, notre plus grosse période de conflits du voyage.

Blog de chaussetessouliers : Chemin faisant, Récit du Québec, du 23 août à mi-septembre : Des fraises à la déception

Nous marchons sur la route qui nous éloigne du "Temps perdu", et nous arrêtons à un dépanneur pour prendre un café. Un passant nous offre un coin de jardin spontanément, nous sentant fatigués; puis il revient et nous ouvre carrèment sa caravane.

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Nous acceptons l'hospitalité chaleureuse de Norman et nous reposons quelques jours, le temps que la motivation réapparaisse.

jeudi 26 septembre 2013 15:58 , dans Un renouveau : départ !


Récit du Québec, du 4 août au 22 août : «Le temps de la marche»

Une décision mûrit suite à notre passage au calme chez Germain : C'en est fini du tourisme façon SEPAQ, spot de camping cher pour une randonnée de disponible. Nous allons valoriser notre moyen de locomotion en partant pour une randonnée de plusieurs jours.

Le Parc du Fjord du Saguenay offre cette possibilite avec "la route du Fjord" qui longe le Fjord sur 4 jours entre la Baie Sainte Marguerite et Tadoussac.

Pour faire un peu de publicité, le Fjord du Saguenay fait 100 km de long pour 4 km de large, ce qui en fait le deuxième fjord le plus long du monde. Entouré de part et d'autres de forêt et de falaises bien à pic, le secteur est peu développé en infrastructure ou en route. Le calme règne... Ses eaux sont frètes avec 4 degrés seulement, et abritent durant la partie estivale toute une méga faune de mammifères marins venus d'un peu partout se délecter des nombreux nutriments apportés par les courants arctiques. On y trouve pèle mêle des bélugas, marsouins, rorquals communs, petits rorquals, baleines à bosse,...suivant la chance du promeneur. Par ailleurs l'emblême du parc est le faucon pélerin, ce TVG des airs, dont une dizaine de couple ont été répertoriés à nicher sur les falaises.

Ça donne envie, alors go!

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Pour cette fois, nous n'avions rien réservé et comme par enchantement on trouvait de la place sur tous les sites en s'y prenant en dernière minute, à la surprise des préposées au guichet. Pour le reste, ce furent 4 jours de marche, libres de nous-même, du temps et de ce que Dame Nature consent à  offrir.

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Au passage, nous nous lions d'amitié avec Claude et Raymonde, 2 québecois qui passent toutes leurs vacances depuis 15 années dans ce coin où ils sont tombés en amour. Ressourcés au doux son de l'air s'échappant des évents de baleines, on se découvre foule de points communs et partageons le festin qui couronne ces 4 jours de marche au bord d'un petit lac enchanteur.

Baden-Powell : «Lorqu'on quitte un lieu de bivouac, prendre soin de laisser deux choses. Premièrement, rien. Deuxièmement, ses remerciments.»

Voulant prolonger notre rencontre avec les mammifères marins de Tadoussac et du Fjord, nous nous laissons convaincre de passer par un organisme d'écotourisme "Mer et monde Écotours", à parcourir la côte en kayak de mer et pourquoi pas pagayer avec un voisin aquatique.

Nous nous retrouvons ainsi au milieu d'une famille de marsouins en pleine scéance  de chasse, leurs souffles et ailerons dorsaux venant nous bercer de poésie. Tabarnouche que ces moments sont spéciaux!

Nous rejoignons ensuite les Escoumins pour la fin de journée du 8 août, pouce et marche combinés, puis le 9 empruntons le traversier pour rejoindre la rive sud du Saint Laurent : Gaspésie. Premiers fous de Bassan en scéance de chasse en piquée, bélugas, le voyage va vite; puis un bon lift en compagnie d'un couple de français jusqu'à Matane.

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À Matane, un cycliste nous interpelle après notre pause chocolatine ( pain au chocolat^^) d'arrivée : nous rencontrons Yannick, ornithologue coachsurfeur, et les 3 françaises en vacances qu'il loge déjà chez lui. Avec nous, cela fera cinq et pour fêter cela nous partageons tous ensemble une poutine maison et quelques bières fraîches.

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Nous passerons en tout 2 jours chez notre hôte, tout heureux de nous filer un coup de main, à préparer la deuxième marche de notre nouveau départ au Québec. Le Sentier International des Appalaches parcourt en effet États-Unis et Canada sur 3100 kilomètres, et a la bonne idée de traversée la Réserve faunique de Matane et la Parc de la Gaspésie, 2 endroits à faune que nous lorgnons avec envie depuis un bout. En tout, cela représente -pour la part qui nous intéresse- 150 kilomètres, du lac Matane jusqu'aux portes du Mont Jacques Cartier à 1270 mètres, dans des ambiances forestières, montagnardes et de toundra, de cerfs de Virginie, orignaux, caribous, ours et oiseaux en tout genre...du rêve en boîte pour nous!

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Nous préparons nos étapes, un peu de nourriture lyophilisée et non pour partir avec 12 jours d'autonomie dans les sacs blindés et préparons nos corps en nous reposant une soirée.

11 août : Nous quittons Matane pour faire les 40 kilomètres qui nous séparent de l'entrée de la Réserve faunique. Une voiture nous prend en charge mais nous avons eu le temps de constater sur 2 heures de marche que l'autonomie pèse lourd en plus de coûter cher, malgré la nourriture lyophilisée.

De l'accueil, nous découvrons ce que la SEPAQ entend par "réserve faunique", entourés de chasseurs et de pêcheurs habillés en camouflage, sauf bien sûr ce joli orange fluo qui ceint le torse des chasseurs et que les animaux ne voient bien sûr pas, compensé qu'il est par le camouflage intégral... Nous comprenons que la réserve n'est pas à proprement parler un lieu de protection de la faune mais bien plus une zone réglementée ou chasser paie et chasseur est prêt à payer pour se faire sa bébette. Il y a même quelques «promo», oui promotion!, sur l'ours noir en ce moment, et pour tout chasseur de moins de 15 ans... Former la jeunesse dit-on...

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Quoiqu'il en soit, peu de véhicules ralentissent et nous restons avec nos sacs sur le bord de la route : 30 km nous séparent du lac Matane où nous avons prévu de commencer notre marche.

Un pêcheur nous emmènera, puis c'est à nous de jouer !

Cette partie du SIA est géniale à faire si vous souhaitez marcher en Gaspésie dans une ambiance nature.

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lundi 26 août 2013 23:50 , dans Un renouveau : départ !


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