Récit des 370 kilomètres qui relient North Vancouver et notre ferme à Cawston
Nous commençons bien ce voyage, assis dans la voiture d'Andrew; il a en effet décidé de nous approcher un peu, submergé qu'il est par le travail...
Nous évitons donc la portion de route qui nous sort de la ville et arrivons directement à la case Chilliwack, à quelques 100 kilomètres de Vancouver. La vallée est belle, remplie de collines qui s'élèvent au loin pour devenir une véritable chaîne de montagnes, dont certains sommets sont enneigés. À notre niveau, les champs sont bien verts, et le soleil nous chauffe. Nous profitons de l'occasion pour voir Brida Veil Falls, la belle cascade du coin.
Derek et Éva roulent vers de nouvelles aventures, et nous dessus.Nous rejoignons Hope par l'autoroute numéro 1. Peu de voiture et le plaisir d'être en route nous font pédaler allègrement; nous faisons 40 kilomètres en 2 heures. Nous posons la tente après être passés sur l'autoroute 3A, intitulée Crownest Highway. D'avis général la journée du lendemain risque d'être moins amusante.
À 9h, après quelques tartines au beurre de cacahuètes, c'est reparti pour Derek et Eva. Les 10 premiers kilomètres nous emmènent en fond de vallée, puis la roue tourne sur la droite et serpente à 8 degrés sur 7 km. Une heure et demi passe, et quelques pauses avec elle.
Nous arrivons au sommet, finalement pas si pire que cela, et entrons dans la Sunshine Vallée.
Le paysage est montagnard, splendide, avec une belle forêt d'épineux qui ne semble pas vouloir s'arrêter.
Nous roulons en T-shirt et lunettes de soleil et serpentons avec la route entre les monts.
Nous enchaînons montées et descentes mais tenons bon. En nous retournant lors d'une montée peu avant Manning Rv Park ( un camping pour camping car où nous avons imaginé passer la nuit), un cyclotouriste arrive. Notre premier compagnon de route se rapproche, enfin!
Il nous rattrape doucement et nous engageons la conversation : Gordon -50 ans- est parti la veille de Vancouver pour sa deuxième tentative de traversée solo du Canada d'Ouest en Est.Quelque 5 000 kilomètres qu'il compte parcourir en trois petits mois si tout se passe bien Nous voici désormais trois cyclistes à affronter la montée, et à la vaincre pour récupérer le long d'une belle descente.
Le Manning RV Park est fermé bien que notre arrivée ait été saluée par une troupe de spermophiles qui couraient sur l'herbe. Les fesses au sol, ancrés sur leurs pattes arrières, ces boules de poil nous observent, immobiles.
Le manageur trouvé, nous nous voyons refusé de poser la tente sur le terrain et nous repartons pour dix kilomètres, trouver un terrain au bord de l'eau.
Une belle journée de vélo et une belle rencontre en la personne de Gordon, qui décide de passer la nuit avec nous .

Au matin de ce vendredi 3 mai, nous suivons notre rituel du
matin : petit déjeuner vite avalé, café, empaquetage des
affaires sur le vélo et nous revoilà vissés sur nos selles, à trois
comme la veille.

Gordon connaît bien la route et nous annonce au fur et à mesure les
difficultés que nous rencontrons jusqu'à Princeton, passons la
dernière côte, tombons sur une explotation minière à ciel ouvert,
puis basculons dans une gigantesque descente vers Princeton.
Au détour d'un virage, nous apercevons un ours noir qui marche, de sa belle démarche nonchalante, à un peu moins de cent mètres...Ambiance mitigée, entre plaisir et impression de sang glacé qui parcourt nos veines.
Nous y arrivons sans trop de fifficultés, pour nous reposer à l'ombre d'un toit. La chaleur se fait étouffante à mesure que le soleil atteint son zenith. Nous sentant surpris, gordon nous explique que nous sommes dans un désert, avec toute la panoplie : une chaleur écrasante, des cactus, des serpents à sornettes...
Un désert au Canada, ben si on avait su ! Après une sieste café dans un café ventilé, le retour a l'extérieur nous prend au cou, la gorge est sèche et les locaux nous regardent un peu perplexe, un brin moqueur partir en plein cagnars avec nos vélos et notre barda.
La route qui longe la rivière vers Keremos est simplement magnifique.
Peu avant Hedley, nous posons la tente et profitons de l'instant présent.
Le lendemain nouspoursuivons notre route, coroisons un balbuzard pêcheur qui niche à quelque mètres à peine de nous,
et par une route sans dénivelé entrons dans Keremeos, dans la vallée de Similkammen .
Le début de la ville nest qu'une suite de stand de fruits frais:abricots, pommes, pêches, cerises, poires... et de champ fruitiers à perte de vue. Les stands sont vides néanmoins, et c'est dommage car nous rêvons tous trois d'un bon fruit juteux où croquer et étancher notre soif. Peu de temps après, nous traversons Cawston et apprenons avec beaucoup de plaisir que nous sommes en train de traverser la vallée la plus productrice de fruits organic. Un bon signe!
Après encore deux heures de pédalage,nous faisons des adieux encourageants à Gordon et nous rejoignons la ferme pour nous reposer...euh travailler. C'est qu'on avance en vélo dis!










































































